Le logo Qualiopi figure sur presque toutes les propositions commerciales que reçoit un service formation, et il conditionne l’accès aux fonds publics et mutualisés depuis le 1er janvier 2022. La plupart des acheteurs le lisent comme un gage de qualité globale. Il certifie quelque chose de plus précis, et un décret paru cet été en modifie le contenu au 1er novembre 2026.
Ce que Qualiopi certifie, en une phrase
Qualiopi atteste qu’un prestataire de formation respecte un référentiel national qualité portant sur sa façon de travailler. L’audit vérifie que des processus existent, qu’ils sont formalisés et qu’ils sont appliqués, sur la base de preuves documentaires et d’entretiens.
La nuance compte pour un acheteur. La certification porte sur la conduite du prestataire, depuis l’information du public jusqu’au traitement des réclamations, et elle se démontre par des documents. Le résultat obtenu chez vous, trois mois après la session, relève d’une autre discussion.
Les sept critères, résumés pour un acheteur
- L’information du public. La clarté et l’exactitude de ce que le prestataire publie sur ses prestations, ses tarifs, ses délais d’accès et ses résultats.
- La définition des objectifs. Leur adaptation aux publics visés.
- L’adaptation des prestations. Les modalités d’accueil et l’accompagnement des bénéficiaires.
- L’adéquation des moyens. Humains et techniques.
- La qualification des personnels. Et le développement de leurs compétences.
- L’inscription dans l’environnement professionnel. Les liens du prestataire avec son secteur.
- Le recueil des appréciations et des réclamations. Et l’amélioration continue qui doit en découler.
Un acheteur qui lit cette liste comprend l’essentiel. Un organisme certifié travaille avec méthode, documente ce qu’il fait, et corrige ce qu’on lui signale. Ce socle a beaucoup de valeur, et il explique pourquoi la certification a assaini une partie du marché depuis 2022.
Ce que l’auditeur contrôle exactement
Le référentiel impose au prestataire d’évaluer l’atteinte des objectifs par les bénéficiaires, à chaud comme à froid, et l’absence de ce processus entraîne une non-conformité majeure.
L’audit porte alors sur l’existence du processus d’évaluation, sur sa formalisation et sur son application effective. L’auditeur demande les preuves, questionnaires, grilles, mises en situation, comptes rendus, et il vérifie qu’elles couvrent bien les prestations réalisées.
Ce que révèle l’évaluation reste en dehors du contrôle. Un organisme dont les évaluations montreraient des acquisitions faibles resterait conforme, dès lors qu’il évalue, qu’il documente et qu’il enclenche une démarche d’amélioration. La certification garantit la présence de la mesure, et le résultat de cette mesure appartient à la relation entre vous et votre prestataire.
Ce qui change au 1er novembre 2026
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, publié au Journal officiel du 4 août, modifie le référentiel national qualité. Il entre en vigueur le 1er novembre 2026, sans disposition transitoire, et il s’applique donc aux audits menés à compter de cette date. Les sept critères restent inchangés, le nombre d’indicateurs passe de 32 à 33, et une douzaine d’indicateurs existants sont renforcés.
33indicateurs au 1er novembre 2026, contre 32 auparavant. Le trente-troisième, rattaché au critère 7 et réservé à l’apprentissage, demande aux apprentis d’évaluer les contenus et les enseignements, séparément du recueil général de satisfaction.Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 · Journal officiel du 4 août 2026
Quatre évolutions intéressent directement une entreprise cliente.
- L’information du public se durcit. Le prestataire a désormais l’interdiction explicite d’employer des mentions trompeuses concernant le financement de ses actions ou les débouchés qu’elles ouvrent. Cette formulation dit quelque chose du marché, puisqu’il a fallu l’écrire dans un texte réglementaire.
- La transparence sur les résultats affichés devient une obligation. Un organisme qui publie un taux de satisfaction, de réussite ou d’insertion doit préciser comment il le calcule. Le chiffre isolé, privé de sa base de répondants et de sa période, perd sa valeur d’argument.
- La sous-traitance entre dans le périmètre. Le prestataire doit s’assurer de la conformité de ses sous-traitants et des formateurs en portage salarial, ce qui ferme une zone grise que beaucoup d’acheteurs ignoraient.
- La prévention entre au référentiel. Des procédures relatives aux violences sexistes et sexuelles, au harcèlement et aux discriminations deviennent exigibles, et l’effectivité du suivi des formations à distance fait l’objet d’un contrôle renforcé.
Ce que la certification laisse en dehors
Les évolutions du 1er novembre portent toutes sur la conduite du prestataire. Le référentiel s’arrête au seuil de votre organisation, là où commence l’effet de la formation au poste de travail.
C’est précisément là que se joue la valeur pour votre comité de direction. Une formation managériale réussie se constate dans les entretiens que vos managers mènent en mars, dans les recadrages qu’ils traitent au lieu de les reporter, dans les décisions qu’ils expliquent. Ces changements se mesurent, à condition de les avoir définis avant la session et de les observer après, ce que décrit l’évaluation à froid à 90 jours.
97 %de complétion des micro-actions au poste et 11 % de progression mesurée entre le premier jour et le quatre-vingt-dixième. Ces chiffres restent hors du périmètre de tout audit de certification, et ce sont pourtant ceux qu’une direction générale regarde en premier.Campagne Microdoing Sinéa Performance · 1 083 micro-actions · mesure au jour 90
Les trois questions à poser en complément du logo
Sur 283 rendez-vous de découverte menés entre septembre 2025 et septembre 2026 auprès d’entreprises de 20 à 10 000 salariés, les critères de choix d’un organisme se répartissent ainsi. Le prix arrive en tête, cité par 51 % des entreprises. L’adaptation au contexte suit à 45 %. Le suivi et la mesure des résultats ferment la marche à 18 %.
- Montrez-moi ce que vos formations ont changé dans les comportements, quatre-vingt-dix jours après la session. Un organisme qui suit ses résultats répond avec des chiffres et une méthode. Les autres parleront de satisfaction à chaud.
- Comment calculez-vous les résultats que vous affichez ? La question devient réglementaire au 1er novembre, autant la poser dès maintenant. La réponse attendue comprend une base de répondants, une période et un mode de recueil.
- Qui animera, et ce formateur est-il salarié, indépendant ou sous-traitant ? La conformité des sous-traitants devient exigible, et la réponse vous dit aussi si l’organisme maîtrise réellement la qualité de ce qu’il livre.
Ces trois questions complètent utilement la septième rubrique du cahier des charges de formation, celle du dispositif de mesure attendu.
Par où commencer
Reprenez la dernière proposition commerciale reçue et cherchez-y trois éléments. La méthode de calcul des résultats affichés, le nom et le statut de l’intervenant pressenti, et ce que le prestataire s’engage à mesurer après la session. Les propositions qui contiennent les trois se comptent sur les doigts d’une main, et cette rareté constitue à elle seule un critère de tri.
Si vous préparez votre plan de formation 2027, la question du calcul des résultats affichés mérite d’entrer dans votre grille de consultation dès cet automne.
- Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences, Journal officiel du 4 août 2026.
- Référentiel national qualité, version applicable au 1er novembre 2026.
- 283 rendez-vous de découverte Sinéa Performance, septembre 2025 à septembre 2026.
- Campagne Microdoing Sinéa Performance, 1 083 micro-actions, mesure au jour 90.
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